1982 — Jean-Louis Mellerio, du décor parisien au Moulin des Corbeaux
1982 — Chez Jean-Louis Mellerio
Une amie qui avait quitté Michel Boyer m'avait appelé. Elle travaillait alors comme coloriste chez Jean-Louis Mellerio, qui cherchait un concepteur. Je me rendis donc 4, rue Ampère, dans les bureaux situés sous l'appartement de Jeanloup Sieff.
Jean-Louis et moi allions bientôt travailler ensemble sur plusieurs projets, dont le Moulin des Corbeaux, à Saint-Maur.
Nous travaillions également à la décoration de résidences où nous cherchions à mêler le classique et le contemporain. C'était précisément ce que je souhaitais alors : découvrir davantage le milieu de la décoration, à une époque où les commandes liées au Moyen-Orient étaient particulièrement nombreuses.
Mado, Madeleine, l'épouse de Jean-Louis, était une femme très agréable. Fille d'un homme politique et philosophe libanais, elle apportait aussi à cette maison une présence et une culture différentes.
Il m'arrivait d'être invité à partager, le lundi, les restes des repas préparés le week-end par leur cuisinière libanaise pour leurs invités.
J'en garde un souvenir très simple : c'était délicieux.
Jean-Louis et moi allions bientôt travailler sur un projet assez singulier : le Moulin des Corbeaux.
Le Moulin des Corbeaux était situé sur une île de la Marne, à Saint-Maur. Ancien moulin à grains, il possédait encore sa grande roue à aubes. Elle ne fonctionnait plus, mais une importante dalle de verre aménagée dans le sol permettait de la voir sous nos pieds.
Le prix d’achat avait probablement tenu compte d’une contrainte de taille : une voie rapide permettant de rejoindre l’autoroute A4 devait passer au-dessus de l’île.
Le Moulin des Corbeaux a depuis été détruit. Cette photographie est l'une des rares traces que j'ai conservées de son aménagement intérieur. Il ne me reste donc de ce lieu que mes souvenirs, ceux d’un véritable moulin à grains installé sur une île de la Marne, avec cette étonnante dalle de verre à travers laquelle on pouvait encore apercevoir l’ancienne roue à aubes.
Le Moulin des Corbeaux — hall de l’étage, vers 1982
Boiseries, panneaux décoratifs et éléments contemporains : le parti pris était de faire cohabiter deux époques plutôt que de reconstituer un décor ancien.