AVENUE MONTAIGNE — LA DOUCHE
La douche occupait à elle seule tout un étage de l’appartement.
Reconstitution d’après mes souvenirs — image créée par IA
AVENUE MONTAIGNE — LA DOUCHE
Avenue Montaigne, un appartement était vacant. Un acheteur potentiel souhaitait l’acquérir et nous sommes allés le visiter, Thierry Cheylus et moi.
C’était au premier étage.
L’occupant avait fui, abandonnant derrière lui quantité de choses. Canapés, vaisselle, mobilier : tout semblait avoir été laissé en l’état. Sauf les tableaux. Il y avait même un énorme coffre-fort.
Au cours de la visite, une pièce nous intrigua particulièrement.
Elle faisait environ quatre mètres sur quatre. Les murs, le sol et le plafond étaient entièrement recouverts de mosaïque. Au centre du plafond, une pomme de douche gigantesque, près de soixante-dix centimètres de diamètre, plaquée or, comme toute la robinetterie.
Nous cherchions à comprendre cette installation.
Nous descendons voir le gardien dans sa loge.
— Qui habite au deuxième étage ?
— Au deuxième ? Personne. Il appartient au propriétaire du premier.
— Vous avez la clé ?
— Oui, attendez… La voici.
Nous remontons.
L’appartement du deuxième étage était plongé dans l’obscurité, les volets fermés. Nous nous dirigeons vers l’endroit situé exactement au-dessus de cette immense douche.
La porte de la pièce avait été enlevée.
Et là, nous découvrons au sol une énorme réserve d’eau, haute d’environ trente ou quarante centimètres, réalisée avec une bâche comme celles que j’avais connues en Arabie saoudite, sur la base vie de Médine. À côté, des pompes de mise en pression et toute une série d’électrovannes et des cumulus.
Le gardien nous donna alors l’explication.
Le propriétaire avait acheté l’appartement entier du deuxième étage, mais n’y avait jamais fait de travaux.
Et pour cause.
Cet appartement n’avait été acheté que pour alimenter la douche située au-dessous.
Une pièce de seize mètres carrés, une pomme de douche de soixante-dix centimètres, une réserve d’eau occupant la pièce supérieure et suffisamment de place pour se doucher à une douzaine.
Avenue Montaigne, même une douche pouvait occuper deux étages.
Le rez de chaussé lui, était totalement muré, portes et fenêtres.
LE COFFRE-FORT
L’ancien propriétaire avait disparu précipitamment. On disait alors qu’il était recherché et qu’il avait quitté la France dans la nuit, peut-être à bord de son avion personnel.
Ce que nous savions, en revanche, c’est qu’il avait laissé derrière lui cet imposant coffre-fort, désormais au beau milieu d’un chantier de démolition.
Thierry se souvient de Didier Aaron lui disant simplement :
— Je vais voir ça avec Fichet.
La maison Fichet intervint donc pour ouvrir le coffre, en présence d’un huissier.
Thierry Cheylus se souvient qu’à un moment, une petite bourse s’ouvrit et tomba dans les gravats. Elle contenait de minuscules pierres.
Après le départ des huissiers et de ceux chargés de récupérer les diamants, les ouvriers portugais auraient lancé en regardant les gravats :
— Maintenant, on va passer les gravats au tamis fin !
L’ouverture du coffre-fort au milieu du chantier.Reconstitution d’après le récit de Thierry Cheylus — image créée par IA.
Ce personnge possédait notamment un Boeing 727, puis, à partir de 1982, un Douglas DC-8 acheté 31 millions de dollars et réaménagé pour environ 9 millions supplémentaires. Ce DC-8 était véritablement une résidence volante : trois chambres, immense lit, salons garnis de chamois et de soie, cuisine complète, vaisselle spécialement dessinée… Il disait d'ailleurs de son avion qu'il lui servait à la fois de bureau, de domicile et d'hôtel, puisqu'il voyageait souvent la nuit.


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