LA PEINTURE
L'art de sublimer vos intérieurs depuis 1938.
ATELIER MÉRIGUET-CARRÈRE — LA PEINTURE ET LA DORURE AU SERVICE DU DÉCOR
Dans les ateliers de Mériguet-Carrère, la peinture décorative et la dorure perpétuent des savoir-faire qui exigent autant de patience que de précision.
Créé à Paris dans les années 1938 par Paul Mériguet, l'atelier s'est spécialisé dans la décoration peinte et la restauration des grands décors. Ses artisans maîtrisent notamment les faux marbres, les patines, les peintures ornementales et les différentes techniques de dorure.
Leur travail intervient aussi bien dans les demeures privées que dans les monuments historiques. À l'Opéra Garnier, à l'Opéra de Monte-Carlo ou encore dans les grands salons de Versailles, il ne s'agit pas simplement de retrouver l'éclat d'un décor, mais de comprendre les techniques et les intentions de ceux qui l'ont réalisé.
La dorure à la feuille, par exemple, nécessite une succession d'opérations minutieuses : préparation du support, application des apprêts, pose de la feuille d'or et brunissage. Chaque étape engage la qualité du résultat.
Ce qui frappe dans ces ateliers, c'est la coexistence de gestes anciens et d'exigences contemporaines. Derrière les ors et les marbres apparents, il y a des hommes et des femmes qui préparent, dessinent, peignent, restaurent et transmettent.
Un décor peut traverser les siècles. Encore faut-il que les mains capables de le préserver continuent à transmettre leur métier.
MONSIEUR MÉRIGUET
J’ai eu l’occasion de côtoyer Monsieur Mériguet lorsque je travaillais chez Didier Aaron. C’était un homme profondément sympathique, avec qui nous avons réalisé plusieurs chantiers.
À son contact, je découvrais les secrets de son métier : des effets parfois incroyables pour restituer une matière, lui donner l’apparence du temps, retrouver une patine, ou encore refaire des cuirs de Cordoue.
Il parlait de son travail avec un tel imaginaire qu’il vous mettait l’eau à la bouche.
Un jour, il m’avait invité à venir faire les vendanges dans son vignoble. Il me racontait cela à sa manière : du travail, certes, mais le soir, des festins !
Je n’y suis finalement pas allé, mais je me souviens encore de la façon dont il m’en parlait.
DANS SON ATELIER
J’eus aussi l’occasion de découvrir son atelier. C’est là que je compris mieux encore ce que pouvait être la peinture décorative.
Je me souviens notamment d’avoir vu le travail du cuir repoussé et gaufré. Une fois le relief obtenu, le cuir était peint, puis patiné, jusqu’à retrouver l’aspect de ces anciens cuirs de Cordoue.
Ce qui paraissait, une fois posé dans un décor, être une matière ancienne était en réalité le résultat d’une succession de gestes, de couches, de couleurs et de patines.
C’était cela qui me fascinait : voir la main fabriquer l’illusion de la matière et du temps.
Entre deux projets, les murs continuent de parler.
Between projects, the walls keep talking.
Credit : @boniface_prod
En mai 2008, Catherine Deydier consacrait dans Le Figaro un reportage à Antoine Courtois et à l'Atelier Mériguet-Carrère. Un témoignage précieux sur les techniques de peinture décorative, les grands chantiers de restauration et la transmission des gestes entre générations.
À lire : « Antoine Courtois et l'Atelier Mériguet-Carrère — Peintres de l'excellence », Le Figaro, 19 mai 2008.
Depuis, la maison a changé d'échelle et rejoint le groupe Ateliers de France. Mais le nom Mériguet-Carrère demeure, tout comme ces métiers de la peinture décorative et de la dorure et, surtout, ce savoir-faire transmis d'une génération à l'autre.
Lorsque je regarde aujourd'hui leur travail, je repense à Monsieur Mériguet et à son atelier, où j'avais découvert ces gestes et ces secrets de matière.

